Plagiocéphalies, asymétrie et postures Intérêt pour l’infirmière puéricultrice

Auteur :
Jean Ducourneau
Ostéopathe D.O ancien kiné
Adresse professionnelle : place des quinconces 1 rue d’Enghien 33000 Bordeaux
Mail : Ducourneau.j@wanadoo.fr
Site internet : https://www.mkperinat.com/
Evènement
Journées nationales d’études des infirmières puéricultrices au Futuroscope Poitiers juin 2016
Résumé : La plagiocéphalie est de plus en plus répandue chez le nouveau-né. Elle est
forcément associée à une attitude en torticolis et une asymétrie. Nous démêlerons, dans cet
article le lien entre tous ces mots ainsi que leur sens. Une bonne information sur le sujet
permet de diagnostiquer plus rapidement les plagiocéphalies et de donner des conseils
adéquats sur sa prise en charge.
Mots-clefs : plagiocéphalies, attitude en torticolis, asymétrie, contraintes, densité, mobilité

Introduction

Comment s’expriment les plagiocéphalies, asymétries et torticolis dans le corps et le crâne ?
Que deviennent-elles et comment s’expriment-elles dans la posture et dès le début de la
station debout ?
A partir de quand les asymétries posturales crâne et corps sont pathologiques ?
Quelle est la place de l’ostéopathe dans tous ces problèmes ?
Quel intérêt pour l’infirmière puéricultrice ou comment s’approprier ces éléments pour la
pratique soignante en présence des plagiocéphalies ?

La plagiocéphalie

La plagiocéphalie est l’indication qui conduit le plus souvent à la consultation en ostéopathie
chez le bébé.
Ce sont parfois les parents qui s’en aperçoivent en premier, mais l’amour arrondissant les
angles, il vaut mieux un professionnel averti dont le regard est plus objectif pour analyser et
diagnostiquer. Ces professionnels sont souvent les puéricultrices.
Le mot plagiocéphalie vient du grec plagios qui signifie oblique et céphalée, tête.
On parle bien d’asymétrie ou de déformation d’un côté.
Cette plagiocéphalie est remarquablement visible vu du dessus de la tête. En effet, de
face, on peut avoir une asymétrie qui n’est pas forcément toujours annonciatrice d’une
plagiocéphalie.
Nous parlerons des plagiocéphalies dites positionnelles, à l’inverse des plagiocéphalies sur
craniosténose qui nécessitent une intervention chirurgicale sans conséquence pour le cerveau
puisque superficielle, extra durale. Ce type de plagiocéphalie est rare.
Il existe deux grands types de plagiocéphalies positionnelles :
– la plagiocéphalie primaire que l’on retrouve dès la naissance
– la plagiocéphalie secondaire qui apparaît quelques semaines après la naissance.
Plagiocéphalie et asymétrie
Il peut y avoir une asymétrie tête et corps sans plagiocéphalie alors que la plagiocéphalie est
forcément asymétrique.
Ce détail a son importance chez l’adulte car lorsque le bébé n’a pas de plagiocéphalie,
l’asymétrie peut passer inaperçue. Or, de nombreux adultes présentent une asymétrie sans
plagiocéphalie. Ce détail se retrouve sur toutes les entrées posturales que sont les yeux (port
de lunettes,) le bassin incliné comme les radiologues disent (et on porte des semelles), les
dents avec l’orthodontie.
Bien sûr on retrouvera toutes ces problématiques avec les plagiocéphalies devenues adultes.

Evaluation visuelle de la plagiocéphalie

Description du dessus
Dans ce cas, on remarque la plagiocéphalie à l’arrière droit

photo1
Cette photo 1, l’oreille droite est plus en avant que l’oreille gauche comme poussée par
l’arrière. Le front est plus proéminent vers la droite. Le côté droit est plus bombé, alors que le
côté gauche décrit une concavité.
Ce type de plagiocéphalie que l’on appelle strain est le plus courant. Schématiquement il
s’agit d’une modification de la position entre l’occiput et le sphénoïde.

 

 

schemaSur ce schéma le sphénoïde, en avant, est articulé avec l’occiput en arrière. Entre les deux, l’articulation ou symphyse sphéno-basilaire (occiput) est en strain.

Description de face
La plagiocéphalie a des conséquences sur la face (photo ci-dessous*).
On peut observer un œil fermé droite et un plus ouvert, une déviation de la bouche à gauche matérialisée par la sucette, une déviation du nez, une différence de grosseur des narines, la ligne du front et les grosseurs des joues.
Sur le dessin du bas, c’est le sphénoïde qui va modifier la position du maxillaire supérieur.

schema2

photo2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur cette photo* la sucette est déviée de l’autre côté (à droite) par rapport au dessin avant,
l’oeil paraît fermé à droite. Le haut du visage est influencé par le sphénoïde. L’occiput
influence, indirectement (via le temporal) le bas du visage et conditionne la position de la
sucette et donc de la mandibule dévié ici vers la gauche.

Sur la photo ci-dessous, on observe la position en attitude en torticolis.
La plagiocéphalie se retrouve du côté de la position préférée de la tête. On discerne un côté
fermé à gauche sur le corps qui signe la virgule avec la jambe plus repliée à gauche comme le
bras très souvent. C’est l’attitude typique globale en virgule avec l’attitude en torticolis de la
tête qui montre son côté préférentiel à droite.

photo3

 

 

 

 

 

 

 

Sur le carré ci dessous, en résumé, ces quatre photos signent les vues et les détails à observer
qui doivent alerter et signaler une plagiocéphalie.

photo4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photo5Description de derrière*

On remarque les frottements à droite qui signent la présence de la plagiocéphalie.
Elle signale de manière indiscutable la préférence à positionner sa tête du côté droit.
Cette observation sera un élément capital de la bonne évolution de la plagiocéphalie, car si les
frottements gagnent vers la gauche cela signifie, de manière objective, que les appuis se feront
à gauche et donc que les mobilités s’améliorent. Cette mobilité de la tête et du corps (virgule
du côté opposé) va dans le sens d’une récupération de la plagiocéphalie.

 

 

 

 

 

 

Le torticolis

Le torticolis, à ne pas confondre avec l’attitude en torticolis, est devenu très rare car les
méthodes d’extraction ont évolué et les accouchements à risque finissent souvent en
césarienne.
Le torticolis, par définition résultera le plus souvent d’une lésion musculo-aponévrotique du
muscle sterno-cleïdo-mastoidien ou du scalène lors d’une expulsion énergique empêchant la
tête de tourner du côté opposé. La moindre tentative de rotation de tête provoquera une
douleur immédiate.

photo6

Mais on retrouve des causes par ischémie ou parésie du nerf crânien spinal (qui innerve le
muscle sterno-cleïdo-mastoïdien) en intra-utérin et qui engendre une position préférentielle du
côté opposé.
De toutes les manières, dans la majorité des cas il y a toujours en intra–utérin, une attitude
préférentielle ou attitude en torticolis avec plagiocéphalie ou pas.
Il est fondamental d’aborder le bébé dans sa globalité et ne pas s’intéresser uniquement à la
rotation de tête et la seule problématique d’un muscle.

Diagnostic différentiel en torticolis et attitude en torticolis

Le diagnostic différentiel se base sur un test clinique.
Il s’agit de démontrer que le bébé a une préférence mais que les deux positions sont possibles.
Si c’est le cas on aura une attitude en torticolis et non un torticolis.

 

photo7photo8Génése d’apparition des plagiocéphalies

Les causes

• Les causes couramment avancées
“C’est l’appui qui déforme”. Ce postulat doit être nuancé.
Il paraît convenu qu’étant toujours sur le côté, le nouveau-né se déforme la tête et cela donne
la plagiocéphalie. Mais alors les plagiocéphalies primaires apparues dès la naissance ? On dit
que c’est l’accouchement qui a appuyé. Et les plagiocéphalies primaires qui sont détectés à la
naissance suite à une césarienne ? On dit que ce sont les contraintes intra-utérines.
Tout cela montre que l’apparition de la plagiocéphalie avec toutes ses diversités est un
phénomène bien plus complexe ou d’autres facteurs et d’autres explications seront nécessaires
et utiles pour la prise en charge de celles-ci.
• La transmission de forme
On peut se poser la question de savoir s’il y a une transmission de forme. La forme, dans son
asymétrie avec légère plagiocéphalie , pourrait se retrouver chez l’enfant. Ceci n’a pourtant
pas été montré d’un point de vue scientifique mais peut s’observer dans la pratique clinique
quotidienne. Pour ces enfants, si la plagiocéphalie n’a pas été accentuée accidentellement en
intra-utérin ou à l’accouchement, la démarche thérapeutique pourra être différente. Il
conviendra non pas d’essayer de corriger la plagiocéphalie mais d’accompagner cette posture
asymétrique tout le long de la croissance en proposant toute une palette de solution par
différents professionnels (ostéopathes, podologues, orthodontistes, orthoptistes,
kinésithérapeutes), aux différents stades de développement.
• Les contraintes intra-utérines
Il paraît évident que les contraintes intra-utérines vont créer des conditions d’apparition des
plagiocéphalies :
– le manque de place dû à des contractions aphysiologiques et signalant une menace
d’accouchement prématuré,
– un foetus porté bas ou engagé très tôt,
– un foetus en siège,
– des jumeaux,
– des malformations utérines (utérus bicorne).
Ces facteurs sont souvent avancés mais ne sont pas forcément présents.
• Les contraintes d’accouchement
Les contraintes d’accouchement ne déforment que dans l’instant. Elles peuvent être les
suivantes :
– un accouchement avec des ralentissements où les contraintes augmentent les pressions
sur le crâne,
– les forceps,
– les cuillères.

Explication

Les contraintes créent une lésion (en ostéopathie). L’endroit impacté entraîne une zone de
densité tissulaire. Cette densité est moins souple et est moins réactive lors de la croissance du
crâne. Le cerveau, moteur de la croissance du crâne, cherche de la place ailleurs et c’est ainsi
qu’un mouvement asymétrique est enclenché.
photo9

Ceci est un schéma en coupe horizontale du crâne. Les flèches extérieures représentent les
contraintes (symboliques) et les flèches intérieures, la croissance du cerveau.
Entre le premier et le troisième se déroulent plusieurs semaines.

Solutions thérapeutiques

Avant tout, le diagnostic doit être fait le plus rapidement possible et dès la maternité. Les
puéricultrices sont donc souvent en première ligne pour évaluer et orienter.
L’ostéopathie
Dans l’ordre, il faudra un ostéopathe car son travail ne sera pas analytique mais global. Il ne
s’agira pas simplement de lui tourner la tête du côté ou de lui bloquer…
Il faut savoir qu’un nouveau-né a peu de force dans le cou et sa préférence est donc bien
marquée.
D’un point de vue psychomoteur autour de 3 mois, les muscles du cou sont de plus en plus
disponibles préparant la verticalité et c’est un moment important de la sollicitation.
C’est plus son système fascial qui intéresse l’ostéopathe. Les fascias correspondent à tous le
système d’enveloppement des muscles mais aussi des viscères et on les retrouve également
autour du cerveau (membrane de tension réciproque)et du crâne osseux qui est parcouru de
muscles.
Les fascias enregistrent les positions telle que l’attitude en torticolis et les traumatismes
comme à l’accouchement ou les contraintes de grossesse. Ils influenceront la forme et la
posture et cela tout le long de la vie.
C’est sur ce tissu que nous interviendrons et sans force et dés la naissance.
Il faut préciser que la prise en charge de la grossesse en ostéopathie pourra diminuer les
contraintes et améliorer le confort de la maman et du foetus. Ce travail diminuera les
conditions d’apparition de la plagiocéphalie.
La kinésithérapie
La kinésithérapie est fondamentale. Ces kinésithérapeutes, si ils sont formés, pourront
compléter l’équipe à la prise en charge des plagiocéphalies et bien sûr des torticolis et attitude
en torticolis. Le kinésithérapeute formé à la périnatalité (mkperinat.com) travaillera sur les
mobilités de la tête mais aussi de l’ensemble du corps et suivant les étapes de développement
psychomoteur comme l’a bien décrit Michele Forestier kinésithérapeute dans son ouvrage
« de la naissance aux premiers pas ».
En effet cela permettra de stimuler les chaines musculaires déficientes dans la globalité au
lieu d’être focalisé sur la seule rotation de tête ou l’inclinaison déficiente par des exercices
analytiques souvent voués à l’échec.
Les casques
Ils commencent à apparaître en France à Lyon et Toulouse et depuis peu à Angers. Ils
complètent l’équipe (ostéopathes et kinésithérapeutes) en particulier lorsque les
plagiocéphalies sont très importantes.
Ils doivent toujours être associés à une prise en charge en ostéopathie et en kinésithérapie.
Pour moi, ils ne sont pas nécessaires mais les parents surtout à cause d’internet ou du
martelage de certaines associations et surtout la peur et l’impatience bien compréhensible
cèdent aux casques. Lorsque je sens leurs déterminations trop fortes, je ne m’y oppose plus
d’autant plus qu’il continue l’ostéo et la kiné.
Les casques sans l’ostéo et la kiné pourront avoir un résultat mais le danger c’est que les
forces engendrées pour la correction sans ostéopathie vont déplacer les contraintes et les
conséquences sur la posture seront préjudiciables.
Organisation prise en charge
En France, les pédiatres peuvent organiser cette prise en charge. En tout cas pour l’instant,
c’est souvent un chemin de croix qui attend les parents.
On leur dira souvent que ça reviendra tout seul, que l’ostéopathie ne sert à rien et que la
kinésithérapie devrait suffire (sans vérifier si le kinésithérapeute est formé). Les puéricultrices
en maternité ou en service de Protection Maternelle et Infantile peuvent orienter les parents
vers un professionnel formé.

Conseils aux parents

Plusieurs conseils peuvent être donné aux parents :
– Le mettre sur le côté et sur un autre sur surveillance
– Encouragez la rotation sans la forcer, tenant compte de l’observation précédente (les
muscles du cou ne sont pas très forts dans les deux premiers mois).
– Disposez le bébé de manière à favoriser la rotation de tête du côté opposé. Cela
fonctionne bien le premier mois, un peu moins le deuxième et plus du tout le
troisième.
– Solliciter l’enfant en actif( bruit regard)
Ces conseils ne suffisent pas s’ils ne sont pas accompagnés d’une prise en charge (ostéopathie
et kinésithérapie). Sans cette prise en charge, cela reviendra tout seul en quelque mois.

Plagiocéphalie et posture

Une plagiocéphalie se déroule, se retrouve dans la tête et le corps.
Mais quelque soit la qualité de la prise en charge, il restera toujours une trace asymétrique.
Dès l’instant où nous portons des semelles que nous avons eues de l’orthodontie ou que nous
portons des lunettes ou les trois en même temps, nous retrouverons un schéma postural de
naissance asymétrique.

photo10

Attitude en torticolis bébé Enfant debout

photo11

Adulte

 

 

 

 

 

 

 

Certes l’attitude scoliotique qui n’est pas une scoliose est ici un peu forcé.
Souvent elle ne laisse une trace que le radiologue ne prend pas soin de souligner.
Par contre il vous trouvera le bassin “incliné”. Le podologue trouvera lui une jambe plus
courte.
L’adulte pourra garder la trace très discrète d’une plagiocéphalie, masquer par les cheveux.
Mais on trouvera facilement une posture avec un pied plus ouvert, la position du bassin, une
posture de tête inclinée et en rotation, un oeil plus petit, la bouche légérement dévié, les dents
en contact décalées.

Conclusion

La plagiocéphalie est une prise en charge complexe, parfois longue et qui nécessite une unité
thérapeutique , réconfortante pour les parents. Ceci est souvent loin d’être le cas. Pour autant,
les mentalités évoluent.
Il faudra se rappeler que la plagiocéphalie est indissociable de l’attitude en torticolis voire du
torticolis. Il semble fondamental de retenir que la prise en charge est pluriel avec ostéopathes,
kinésithérapeutes et casques si la plagiocéphalie est majeure. Bien evidemment les conseils
aux parents de sollicitation et de placement des professionnels de santé font consensus.
Enfin la plagiocéphalie doit s’inscrire dans le futur chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte sur
l’angle de la posture. En effet à tout âge la bonne connaissance des problématiques posturales
qui viennent de la naissance permettra de diriger vers les différents intervenants médicaux et
paramédicaux.
Remerciements :
Merci à une de vos consœurs Marie Pierre Galaraga ancienne coordinatrice PMI à
Bordeaux, pour m’avoir ouvert les portes en 2002.

Bibliographies
Dessins Jean Ducourneau et Julien Félix et associés graphistes et photos Jean Ducourneau
« De la naissance aux premiers pas » Michele Forestier ed érès
“Bébés, parents et grands-parents des rencontres inattendues” Franck Dugravier
ed Philippe Duval
“Bien naître par l’ostéopathie” Jean Paul Saby Ed Sully
Approche ostéopathique des plagiocéphalies avec ou sans torticolis
Nicette Sergueef ed SPEK
“Masser bébé “le toucher du Coeur par Rachel Izsak Simonet de Jouvence
“Osteopathie pour les bébés” Raymond Solano ed Sully
“Approche ostéopathique des plagiocéphalies avec ou sans torticolis” Nicette Sergueff ed
SPEK
“Masser bébé” Rachel Izsak Simone ted Jouvence

Prise en charge du torticolis congénital

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Photo 1 : Attitude en torticolis gauche (nommé côté tête préférée), tête en rotation gauche
et inclinaison à droite, virgule à droite (nommée inclinaison colonne vertébrale), bassin incliné à droite (comme la tête).

J’ai choisi ce titre accrocheur car “torticolis” est utilisé systématiquement pour décrire des attitudes préférentielles, ou attitudes en torticolis. Or,

le torticolis est une pathologie peu fréquente. En effet, en cabinet, à 90 %, nous rencontrerons surtout des attitudes en torticolis, et non des torticolis. PAR JEAN DUCOURNEAU*

Dans le cas d’une attitude à torticolis, le bébé présente un côté privilégié mais il n’est pas bloqué et la rotation de la tête s’inscrit dans un schéma postural global sur l’axe cranio-sacré organisé avec les chaînes musculaires myofasciales. De plus, nous pouvons trouver du côté de la rotation une plagiocéphalie qui lui donne un plat sur un côté, ainsi qu’une asymétrie globale du crâne que l’on retrouvera dans le corps.

Les plagiocéphalies  sont nombreuses et ne résultent pas simplement de l’appui de la tête imposé par le torticolis (lorsqu’il existe) ou la préférence d’un côté. Lorsqu’il y a un torti- colis, il est intra-utérin ou accidentel à l’accou- chement. Mais le torticolis s’inscrira toujours dans un schéma postural asymétrique global sur l’axe crâne/sacrum que l’on retrouve dans l’attitude en torticolis. Nous traitons souvent à tort des torticolis qui n’en sont pas et de manière trop analytique en basant notre stratégie de soins uniquement sur le Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien).

Je me propose de définir ces différents éléments, ainsi que de vous offrir une prise en charge thérapeutique.

Photo 2 : Anatomie du Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien) issu du Netter. Insertion proximale mastoïde et insertion distale au niveau de la clavicule. C'est ainsi que la lésion du Scom peut entraîner une dysfonction de la sterno-claviculaire ou de l'épaule

Photo 2 : Anatomie du Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien) issu du Netter. Insertion proximale mastoïde et insertion distale au niveau de la clavicule. C’est ainsi que la lésion du Scom peut entraîner une dysfonction de la sterno-claviculaire ou de l’épaule

Définitions

Torticolis primaire ou intra-utérin
Celui-ci peut survenir par ischémie, par diminution de l’apport vasculaire du Scom aboutissant à une nécrose responsable de la fibrose localisée au niveau du Scom. On pourra alors trouver une dépression au niveau du Scom, avec un raccourcissement du muscle conditionnant la position de la tête en inclinaison et rotation opposée.
Cependant, l’explication la plus crédible – mais non prouvé à ce jour – est certainement une malposition de la tête en forte inclinaison et rotation qui entraîne une compression vascu- laire. Dans ce cas, on retrouvera un schéma postural asymétrique en commençant par le crâne, avec plagiocéphalie ou pas.

Torticolis secondaire

Ils sont accidentels et arrivent souvent à l’expulsion lorsque le bébé reste coincé. La traction par le creux axillaire ou le crâne lors du dégagement peut provoquer une lésion du Scom ou du scalène. On pourra trouver une olive musculaire, trace palpable et visible d’une contraction importante consécutive à une lésion musculaire du Scom.
À l’origine (photos 1 et 3), il y a souvent une position en virgule avec une préférence de la rotation de tête d’un côté, donc une chaîne musculaire englobant le Scom (photo 2) qui offrira une résistance à la traction. Cette asymétrie intra-utérine sera une origine possible au ralentissement du fœtus lors de l’expulsion. La présence d’une plagiocéphalie associée à une asymétrie crâne et corps pourra également être une source de ralentissement.

L’origine des torticolis est soit une lésion musculaire ou aponévrotique des sterno-cléido-mastoïdiens, voire des scalènes, avec la trace d’un hématome nettement visible et palpable. La tête n’a plus aucune possibilité de se tourner de l’autre côté.

Les torticolis sont douloureux et la lésion bloque le mouvement, ce qui n’est pas le cas dans l’attitude en torticolis. Ils s’accompagnent souvent de problèmes fonctionnels digestifs comme les régurgitations ou des problèmes de tétée.
Les torticolis sont heureusement rares. Il faudra bien sûr un travail complémentaire kinésithé- rapique et ostéopathique. Dans ce cadre, il y aura à la fois un travail analytique de la lésion musculaire ou/et aponévrotique, mais aussi un travail global en kiné-périnatalité sur les chaînes musculaires.

Photo 3 : Rotation tête corrigée à droite et inclinaison à gauche par mobilisation du bassin, virgule à gauche, bassin incliné à gauche.

Photo 3 : Rotation tête corrigée à droite et inclinaison à gauche par mobilisation du bassin, virgule à gauche, bassin incliné à gauche.

Attitude en torticolis

Le bébé présente une préférence évidente en rotation d’un côté. Les parents l’ont observé, souvent confirmé par un professionnel en maternité ou en ville, qui parlera de torticolis. Nous verrons comment faire la distinction par un diagnostic différentiel.
L’ensemble du corps sera organisé dans une vrille qu’il faudra déterminer. Le crâne sera souvent déformé du côté de l’appui. La variété de ces plagiocéphalies fait l’objet d’un chapitre supplémentaire.
La vraie problématique de l’attitude en torticolis, c’est la course contre le temps. Ainsi, si l’on n’intervient pas rapidement dès la naissance, il y aura aggravation de la plagiocéphalie et fixation de la virgule ou de la vrille.

Mais on peut intervenir encore plus tôt : amé- liorer les petits maux de la grossesse et permettre à la femme enceinte de vivre plus confortable- ment induira une position plus confortable du fœtus. Cela permettra d’éviter les contraintes sur le crâne à l’origine des attitudes en torticolis, ainsi que la virgule ou vrille du corps, et éven- tuellement d’un torticolis.

Je vous présente également des solutions dans la formation kiné-périnatalité pour les femmes enceintes.

Photo 4 : Plagiocéphalie à gauche (tête et corps dans l'axe sur la photo. L'attitude en torticolis sera à gauche).

Photo 4 : Plagiocéphalie à gauche (tête et corps dans l’axe sur la photo. L’attitude en torticolis sera à gauche).

Organisation thérapeutique

Nous devons intervenir au plus prêt de la naissance.
Évaluation différentielle ou diagnostic différentiel :
avant tout pouvoir déterminer s’il s’agit d’un torticolis ou d’une attitude en torticolis.

Observation : identifier visuellement la lésion si elle existe (photo 2) pour parler d’un torti- colis. Il existe une dépression nette en regard du Scom. Si nous avons la chance de pouvoir l’observer rapidement, la couleur liée à l’héma- tome renforce le diagnostic.  Si c’est plus ancien et déjà cicatrisé, on verra juste la dépression ou l’olive musculaire.

Photo 5 : Manoeuvre de rotation de la tête droite en commençant par une position décubitus latéral droit, correction d'une attitude en torticolis gauche.

Photo 5 : Manoeuvre de rotation de la tête droite en commençant par une position décubitus latéral droit, correction d’une attitude en torticolis gauche.

Mobilisation passive :
– Par la tête  : confirmer par une mobilisation passive très douce et méticuleuse en évitant les pleurs. Il faudra exercer une rotation opposée qui doit montrer une résistance évidente avec une tension de défense immédiate pour un torticolis. Si le visuel ne montre rien et la mobilisation passive de la tête est possible, on confirmera une attitude en torticolis par une mobilisation de la tête par le bassin, ainsi qu’une mobilisation active.

– Par le bassin : pour avoir une objectivité maximum, la mobilisation par le bassin permet de ne pas forcer sur la tête et éviter des conclu- sions hâtives. Tourner la tête du bébé sans lui prendre la tête. On choisit le côté où il va le moins souvent, opposé au côté préféré (photo 5), on ramène le bassin comme pour lui changer la couche, puis on le lui met à l’horizontale (photo 6). C’est un apprentissage pour bien maîtriser cette technique. Au besoin avec une sucette ou l’annulaire muni d’un doigtier, on maintient la tête sur le côté installé avant de ramener le bassin à l’horizontale.
Mobilisation active :
Bébé sur le dos ou dans les bras, il suffira de stimuler avec la sucette ou avec l’annulaire muni d’un doigtier du côté opposé. C’est im- possible pour un torticolis mais il peut le faire si c’est une attitude en torticolis.

Évaluation globale

De l’ensemble tête/corps
Nous avons vu que le torticolis était un événe-ment accidentel sur la base d’une attitude en torticolis. Dans cette attitude, on retrouvera une vrille dans le corps ou une attitude en virgule (photos 1 et 3).

Le bébé est organisé dans cette vrille et les chaînes myofaciales qui composent cette vrille interviennent comme des ressorts. Elles permettent les deux positions (photos 1 et 3). Mais l’une des deux est dominante comme raccourcie ou d’élasticité moins grande. Exem- ple d’une chaîne musculaire (Scom, hémicou- ple diaphragmatique et psoas iliaque du même côté). Le bébé peut tourner la tête d’un côté mais revient à la position qui fait qu’il est majoritairement mieux dans une position (photo 5 où nous voyons la tête d’un côté, la colonne ou virgule fermée du côté de l’inclinaison et le bassin qui suit les jambes du côté de l’inclinaison).

Si un torticolis se rajoute à cette problématique, on a tendance à traiter simplement le torticolis en oubliant le reste du corps et le crâne.La rotation privilégiée du crâne donnera une position de l’occiput sur la première cervicale qui influencera la position des autres vertèbres jusqu’au sacrum. La colonne vertébrale dessi- nera une virgule et le sacrum, guide du bassin, embarquera celui-ci en inclinaison et rotation (photo 1). Au milieu, la colonne dessine une virgule.

Photo 6 : Rotation de la tête par le bassin, correction d’une attitude en torticolis gauche par horizontalisation du bassin, la tête reste à droite.

Photo 6 : Rotation de la tête par le bassin, correction d’une attitude en torticolis gauche par horizontalisation du bassin, la tête reste à droite.

De la tête

Inspecter le crâne dans les trois plans de l’espace afin d’évaluer la présence d’une asymétrie et/ou une plagiocéphalie (photo 4, vue de dessus). Nous devrons inspecter le crâne du dessus, depuis l’arrière. Si nous constatons une plagio- céphalie avec asymétrie, nous devrons orienter le bébé vers un ostéopathe spécialisé en péri- natalité tout en continuant les séances.

– Du dessus : nous pourrons voir une tête en parallélogramme, par exemple. Nous verrons un plat à l’arrière et une “bosse” à l’avant, et vice versa.

Du dessus, on verra le plat sur un côté (photo 4) ou un plat sur tout l’arrière au niveau occipital et frontal. On remarquera les zones de frottement où les cheveux sont moins nombreux, qui sera le témoin objectif des points d’appui privilégiés. On regardera la position des oreilles : l’oreille du côté plat est plus avancée et le nez n’est pas sur la ligne centrale.

– De l’arrière : on observera les traces de frot- tement privilégié, le plat d’un côté ou de l’autre, parfois central. On regardera les oreilles. Du côté du plat, l’oreille est plus décollée en raison de la position du temporal (plagiocéphalie). On verra l’inclinaison de la tête, témoin de l’attitude en torticolis ou du torticolis.

– De face : on remarquera la forme et le niveau des yeux, l’orientation du nez, la symétrie du sourire, les oreilles, l’inclinaison de la tête. Tout cela en fonction d’une attitude en torticolis ou d’un torticolis, avec plagiocéphalie ou non.

Traitement

Torticolis

Après une évaluation complète, nous travaille- rons la lésion en fonction de son ancienneté, puis le schéma postural global à partir des chaînes myofasciales.

Lésion récente : on ne devra pas la masser mais on pourra drainer l’hématome et détendre les tissus. Pour cette dernière action, on devra raccourcir au maximum le Scom et placer sa main (ou deux doigts) dans le sens des fibres de manière à détendre les fascias – principe rapporté par serge Paoletti dans Les fascias. Une fois la lésion cicatrisée, on pourra travailler sur la globalité tête/corps équivalent au travail d’une attitude en torticolis (lire plus loin).

Le bilan nous aura montré la présence d’une plagiocéphalie, il faudra lui conseiller un ostéopathe.

Lésion ancienne : masser la zone fibrosée, détendre les fascias du Scom, on teste la détente en revenant dans le sens de l’étirement jusqu’à la barrière de résistance. L’étirement se fera dans les paramètres d’inclinaison et rotation opposé. Et on recommence. Sans attendre, nous pouvons traiter la vrille ou virgule tête/corps.

Attitude en torticolis

Faire un diagnostic différentiel afin d’éliminer un torticolis de manière indiscutable, puis déterminer la posture globale préférée. Il s’agit ensuite d’inspecter le crâne pour déterminer une asymétrie et ou plagiocéphalie.

Pour faciliter la vrille opposée le plus rapide- ment possible et éviter les fixations et l’aggra- vation de la plagiocéphalie, il faudra lever les verrous sur les chaînes musculaires tendues, mais réductibles.

Les verrous

– Au niveau du Scom  : travailler en raccourcissement comme vu précédemment selon le principe de libération des fascias. Lors de la  phase d’étirement, on pourra s’aider du bassin que l’on pourra maintenir du côté opposé de la correction (photo 1).

– Au niveau du diaphragme : du côté fermé de la virgule, l’hémicoupole est en position expi- ration. Il faudra ouvrir l’angle en s’aidant du bassin. Dans un premier, on aura fermé l’angle au maximum, de manière à détendre les tissus. Au besoin, on mettra un point d’appui au niveau des piliers du diaphragme (D12).

– Au niveau du psoas  : au niveau de son insertion proximale, le psoas adhère aux fascias de l’hémicoupole en restriction. Après avoir majoré la fermeture, on étirera cette chaîne via le bassin en soulevant ce dernier.

Si c’est difficile, on placera le bébé côté fermé de la virgule, en laissant la tête du même côté (au besoin avec la sucette), puis on mettra le bassin à l’horizontale (photos 5 et 6).

Photo 7 : Posture asymétrique chez l'adulte en charge, déplacement des points de gravité et rotation/inclinaison des blocs (tête, corps, bassin et membres inférieurs).

Photo 7 : Posture asymétrique chez l’adulte en charge, déplacement des points de gravité et rotation/inclinaison des blocs (tête, corps, bassin et membres inférieurs).

Travail global

On partira toujours de la virgule ou de l’attitude de confort pour un travail de détente dans la position qu’il préfère. Ensuite, on le mettra sur le côté opposé (photo 5). On fixera sa tête au besoin, s’il tente de se retourner, avec la sucette ou l’annulaire de la maman. Puis, en relevant le bassin, on emmène celui-ci à l’horizontale de manière à étirer l’ensemble des verrous et de la chaîne musculaire en restriction. On répétera l’opération plusieurs fois avec des temps de pause en fin d’étirement.

Organisation dans le temps

Cela dépendra de l’âge du bébé et du diagnos-tic.
Pour un torticolis, si la lésion est récente, il faudra l’accompagner jusqu’à la cicatrisation, puis travailler le muscle et l’aponévrose cicatri- cielle avec la globalité de l’attitude en torticolis. C’est une prise en charge longue qui peut s’étendre sur plusieurs semaines. Il faudra faire un point autour des phases d’évolution, c’est-à-dire vers cinq mois pour la position assise aidée, huit mois pour la position assise, puis au- tour de douze mois pour la position debout. Pour l’attitude en torticolis, ce sera moins long et plus espacé, à part au début, puis nous sur- veillerons les phases d’évolution pour retra- vailler si besoin les chaînes musculaires. Vous pourrez objectiver que la tête est bien libre. Bien sûr, on vérifiera la vrille ou la virgule.
La séance ne doit pas dépasser quinze minutes efficaces. Plus le bébé est jeune, plus le travail sera efficace et évitera les fixations et les plagiocéphalies.

Conseils

Il faut d’abord convaincre la maman en lui expliquant la problématique de l’attitude en torticolis, avec ou sans torticolis. Je vous conseille également d’obtenir au maximum l’adhésion du bébé en évitant de le faire pleurer. Pour cela, assurez-vous qu’il a bien mangé. Servez-vous de la sucette ou de votre annulaire (ou de celui de la maman) pour l’apaiser. Stimuler activement du côté opposé au côté de la tête préférentiel par la sucette, un bibelot ou la voix. Installer le bébé d’un côté et de l’autre. Bloquer sa tête n’est, à mon sens, pas conseillé. En effet, si c’est une contrainte le bébé ne l’acceptera pas.

Après bilan, lui conseiller un ostéopathe en cas de présence d’une plagiocéphalie.

Conclusion

Voilà donc une base de travail qui constitue une ouverture, une direction à une prise en charge pour laquelle nous sommes de plus en plus sollicités.

C’est cette attitude en torticolis qui donnera la posture de demain, améliorée par votre travail et celui de l’ostéopathe. Cette asymétrie crâne/ corps se retrouvera sur toutes les entrées posturales (position des dents, ouverture de la mâchoire, les yeux, la position de tête, le niveau des épaules et du bassin, la colonne vertébrale, la position des membres inférieurs et des pieds) (photo 7).

Ce travail sur le bébé atténuera considérablement les effets négatifs sur la posture et permettra de mieux comprendre et de mieux soigner l’adulte. Mais il s’agit là d’un autre débat.

BIBLIOGRAPHIE

Godelieve Struyf-Denys, Les chaînes musculaires et articulaires, éd. SBORTM.

Serge Paoletti, Les fascias, éd. Sully.

Nicette Sergueef, Approche ostéopathique des plagiocéphalies avec ou sans torticolis, éd. Spek.

Jean Ducourneau, Kiné-périnatalité : Présentation et indications (polycopié).

Source : Kiné Actualité –  numéro 1329, du 5 oseptembre 2013

Intérêt de l’étude sur le surfeur asymétrique et la périnatalité.

Je voudrais vous faire partager l’intérêt d’un tel voyage auprès de surfeurs de haut niveau pour faire ressortir le rapport à la périnatalité et surtout au chapitre des asymétries et des plagiocéphalies.

La posture générale chez l’adulte est déterminée embryologiquement. A cette programmation s’ajoute les contraintes de grossesse et d’accouchement. C’est ainsi que les formes et la posture dans le corps va peu à peu se dessiner. On peut ajouter à ce façonnement la pratique bénéfique de l’ostéopathe et du kiné.

Nous retrouverons ces asymétries dans le crâne, la colonne vertébrale le bassin les membres infs et les appuis podaux, l’articulé dentaire et l’occlusion, les yeux.

Les mobilités en rotation telle qu’on le retrouve chez le surfeur se feront mieux en cas d’asymétrie d’un côté que de l’autre. C’est ainsi que si il part sur une vague qui déroule à droite et qu’il surfe face à la vague il n’aura pas de mal à faire sa rotation car il est sur son côté préféré. Mais lorsque qu’il voudra évoluer sur sa gauche il aura plus de mal à faire sa rotation  il devra s’appuyer sur son bras qu’il maintiendra tendu, ce qui enlèvera de la fluidité à son mouvement et diminuera la qualité de s manœuvre (roller).

J’avais constaté une telle particularité chez le bb qui avait une plagiocéphalie, asymétrie et posture en virgule. Il se servait de son bras en le tendant pour tourner du côté difficile.

D’où l’intérêt de travailler chez le bb asymétrique sen ostéopathie et en kiné pour améliorer les asymétries et les impacts sur le structure ainsi qu’éviter les fixations d’adaptation par un suivi régulier.

Pour le surfeur tenant compte de toutes ces infos et de ce recul, nous travaillerons sur les fixations d’adaptation, sur les chaines musculaires pour les kinés ainsi que sur un travail proprioceptif pour rééduquer la rotation globale inverse et difficile.

PMI/APO

Qu’es ce que la PMI ?

LA PMI ou Protection maternelle infantile dépend du conseil général de département. Elle a mission de répondre à toute demande de soins  dans le cadre périnatal. Elle prendra en charge les bb après la naissance ainsi que les mamans en post-partum mais aussi en surveillance de grossesse.

La PMI est composée d’une équipe de professionnels de santé comprenant un médecin pédiatre, une infirmière puéricultrice et d’une sage-femme. La PMI intervient en association avec les MDSI du conseil général qui comprennent d’autres professionnels de l’accompagnement et de la santé tels psychologues, assistantes sociales.

Histoire de l’APO

L’APO cest l’association périnatalité ostéopathie

En 2002, grâce au Docteur Elleau pédiatre responsable  du service de néonatalogie de l’Hôpital Pellegrin à Bordeaux et depuis ostéopathe, j’ai intégré ce service pour m’occuper des bb prématurés, une expérience très marginale en France.

Dans ce service j’ai pu rencontrer des professionnels curieux de cette pratique et notamment Madame Garcia puéricultrice qui me permit de comprendre l’organisation des PMI. Je rencontrais  ainsi une première équipe de PMI prés de mon cabinet, ce  qui me donna l’occasion de présenter l’intérêt de l’ostéopathie pour les bb. Un lien supplémentaire s’établit entre ces professionnels et l’ostéopathie de ville.

Puis je rencontrais Madame Galarraga responsable des puéricultrices de Gironde qui m’offrit la possibilité d’expliquer notre travail sur les bb à travers une conférence avec toute les infirmières de Gironde. La collaboration entre les ostéopathes s’accentua.

Cette collaboration existait de manière plus marginale. En effet des ostéopathes très orientés sur la périnatalité avaient déjà creusé le sillon. Je citerais André Allain, Bruno Ducoux, Claudine Ageron-Marque, Françoise Laborie qui depuis les années 80, par la qualité de leur travail et leurs enseignements avaient commencé à convaincre. C’est leur travail qui m’a permis d’être ainsi bien accepté par les professionnels de PMI et du Docteur Elleau.

Très vite j’ai été convaincu qu’il fallait offrir la possibilité au plus démuni d’accéder à l’ostéopathie et la PMI par son réseau était la structure idéale pour m’aider à mettre en place ce dispensaire.

Mais comme dans toutes les administrations les bonnes volontés et la compétence ne suffisent pas pour faire avancer les dossiers. Mais grâce à la persévérance de Madame Galarraga et du docteur Stessin alors responsable PMI gironde, la convention a pu voir le jour en 2010.

L’APO prit ainsi naissance et les premières consultations en avril 2010 avec Thierry Dillet ostéopathe. Depuis plus de 20 ostéopathes viennent collaborer une fois par mois.

Mais l’APO a aussi mission de parrainages ou de compagnonnages. Beaucoup d’ostéopathes ont encore besoin d’être accompagné dans la pratique en ostéopathie périnatale.

Mais aussi d’autres professionnels de santé assistent ou participent aux consultations. Ce sont les Kinésithérapeutes et notamment ceux qui sont formés à la périnatalité, mais aussi des médecins pédiatres ou non, des sages-femmes et des infirmières puéricultrices. Bien que la consultation ait vocation ostéopathie, tous ces professionnels par leur compétence participe à la séance.

Depuis septembre 2012 une nouvelle consultation s’est ouverte à Libourne sous la responsabilité de Claudine Ageron-Marque et certainement en septembre un autre dispensaire va ouvrir à Castelnau du médoc.

L’ambition de l’APO est d’ouvrir d’autres points de consultation de manière à couvrir toute la gironde. Cela prendra du temps mais nous y arriverons en faisant preuve de patience et de persévérance.

L’APO pourrait s’étendre en dehors des frontières de la gironde et notamment dans les landes, dans l’Hérault, dans quelques arrondissements de Paris.

Pourquoi pas un jour dans toute la France.

L’APO a rejoint la FEDOSOLI qui essai de rassembler toutes les associations de France qui s’investissent dans le social et l’humanitaire. Ainsi dans le nord une organisation d’ostéos travaillent en collaboration avec les PMI. D’autres associations travaillent avec les mairies ou se joint aux associations comme les resto du cœur, d’autres s’occupent des gens de la rue.

Congrès sur la recherche et la multidisciplinarité en ostéopathie pédiatrique

Ci-après un résumé de mon intervention à ce congrès.

Ostéopathie et périnatalité en PMI
Ostéopathie et MAP

 

Par Jean Ducourneau, ostéopathe D.O, ancien kinésithérapeute

L’APO

  • Convention APO/conseil général depuis Avril 2010
  • Mission

Faciliter accès ostéopathie pour le plus grand nombre
Promouvoir ostéopathie périnatale
Recherche en ostéopathie périnatale
Réunir les ostéopathes et les autres professionnels de la périnatalité pour des actions de soins de communication et d’enseignement

APO/PMI

  • Bilans consultations
  • Indications médecins, sages-femmes, inf puer
  • Organisation consultations

Avenir perspectives APO

  • Extension des points de consultation sur la gironde (Libourne, rive droite Cenon, médoc)
  • Mise en place étude impact de l’ostéopathie sur plagiocéphalies
  • Continuer mission enseignement

MAP et Ostéopathie

  • Pré étude réalisé entre 2002 et 2009

Grâce à l’équipe de sages-femmes de l’HAD de Bagatelle (autour de Brigitte Senti)

  • Thème influence ostéopathie sur les contractions
  • 300 femmes aiguillés par les sages-femmes de l’HAD de bagatelle et les gynécologues
  • Visite majoritairement à domicile et aussi en cabinet
  • Indications majoritaires douleur structure ( bassin, sciatalgies, dos) ,contractions , pyrosis, problèmes digestifs

Ostéopathie et MAP

  • Support de l’étude inséré dans dossier médical
  • Séance en moyenne toutes les 3 sa
  • Indications principales et résultats à une sa validées par sages femmes sur contractions, signes associés, médicaments, confort bébé, confort femme

Décodage

Compréhension

  • Influence état émotionnel sur fonctionnement (histoire familiale, répétition mère, grand-mère
  • Antécédents gynéco (fiv, douleurs de règles ou autres dysfonctionnement utérus décompensés chez utérus gravide
  • Influence environnement utérus sur état contractile (viscéral, diaphragme thoracique et plexus solaire siège des émotions)
  • Projection sur la structure fonctionnement utérus, et environnement utérus,diaphragme thoracique et périnée sur structures

Résultats

  • Cas idéal dans le cadre de l’étude
  • Conclusion pré étude

Contractions monitoring, médicaments, diminution surveillance sages-femmes signes associés, pas d’accouchement en dessous de 37 SA confort acc

Conclusion

  • Influence ostéo/MAP indéniable
  • Insertion ostéo dans équipe médicale
  • Expérience ostéo/ MAP devrait conforter l’environnement médical sur l’intérêt de l’ostéo en gynéco obstétrique et médicale

CV

Parcours universitaire

· 1980 Première année de Médecine PCEM 1
· 1981 Deuxième année de Médecine PCEM 2
· 1987 Diplôme de Kinésithérapeute
· 2000 Diplôme d’ostéopathie IFBO
· 2005 Diplôme d’ostéopathe à Toulouse ITO

 

Activité libérale

· Exercice en libéral de kiné 1987 à 2000
· Exercice en libéral en ostéopathie exclusive depuis 200O
· Exercice en ostéopathie auprès de femmes en menace d’accouchement prématuré à l’hôpital
Bagatelle de 2003 à 2009
· Mise en place de l’étude : Impact Ostéopathie sur les femmes en MAP

Enseignement

· Ecole de kiné Bordeaux, Ecole de Sages-Femmes, Ecole d’infirmières puéricultrices
Thème abordé «Ostéopathie autour de la naissance»
· DU Périnatalité et Ostéopathie mis en place par Bruno DUCOUX à Bordeaux pour
Ostéopathes, Thème abordé «plagiocéphalies, asymétrie et posturologie»
· DU Bichat Paris pour Ostéopathes, Thème abordé «MAP et Ostéopathie»mis en place Thierry
LE BOURSIER Ostéopathe D.O mrof et le Professeur MANDELBROT Chef de service
Gynécologie obstétrique Bichat Paris
· Création formation Kiné périnatalité pour Kinésithérapeutes en 2011

Exercice à titre bénévole

· Hôpital Pellegrin service des prématurés dirigé par DR ELLEAU de 2002 à 2008
Création d’un collectif ostéopathe au service des prématurés avec Laure BEUSTES, Bruno
DUCOUX, André ALLAIN
· Hôpital Haut-Lévêque service des enfants (maladies cardio vasculaires congénitales) depuis
2008, Collectif d’ostéopathes créé avec Claudine AGERON MARQUE (initiatrice du projet)
· Création de l’association Ostéopathie Périnatalité (enseignement, social, humanitaire,
communication)
Mise en place d’un centre de consultations ostéopathie périnatale en PMI grâce à une
convention entre le Conseil Régional qui gère les PMI et l’association Périnatalité
Ostéopathie et cela depuis avril 2010.

Action militante

Responsable administratif du CDOP (collectif développement ostéopathie périnatale)
www.osteonat.com)
créé par Thierry LEBOURSIER et Jean-Marie BRIAND
auxquels se sont rapidement associés Michèle BARROT et Bruno DUCOUX, notamment, tous
Ostéopathes exclusifs.