Des ostéopathes engagés auprès des plus démunis

Ils assurent des consultations d’ostéo gratuitement au Réseau Paul-Bert et dans les PMI, auprès de personnes qui n’ont pas les moyens, beaucoup de mères et d’enfants.

Un jour, il a poussé la porte du Réseau Paul-Bert dans la rue éponyme. Immeuble improbable en plein centre-ville. Un toit avec un jardin dessus et un potager bio à même le trottoir. Une vie à l’intérieur qui bouillonne; ça piaille, ça chahute, ça sent la cuisine et la chaleur humaine. Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux, se renseigne. Qui vient là? On y fait quoi? “Il a trouvé l’endroit attachant, intéressant et nous a dit : “On pourrait faire quelque chose ensemble”…” C’est Emmanuel Jourdes qui raconte, le directeur de ce centre social et culturel insolite et généreux.

De fait, Jean Ducourneau, ostéo dans un beau quartier, a fondé en 2010 l’association Périnatalité ostéopathie. L’APO, “comme la peau”, aime-t-il bien préciser. L’APO a pour vocation de proposer des soins ostéopathiques gratuits à des jeunes mères, des femmes enceintes, des bébés qui n’y ont pas accès, pour des raisons culturelles et économiques. une fois par mois, des ostéopathes dûment formés participent spontanément, sur la base du volontariat, à des séances dans des services de Protection maternelle infantile (PMI). Ils sont plu de 40 à Bordeaux, mobilisés autour de ce projet, qui prend sens au fil des années. Donc, lorsque Jean Ducourneau a poussé la porte du Réseau Paul-Bert, rencontré son “patron”, le volubile Emmanuel Jourdes, croisé l’équipe pluriprofessionnelle, l’esprit du lieu et des gens qui l’habitent, son appétence altruiste a fait le reste. On y va.

Pas de caritatif ou presque pas

“Ici, on n’est pas dans le caritatif affiché, note Emmanuel Jourdes, les gens viennent et payent. Ainsi, notre restaurant, où l’on mange bio, est payant. 4 euros le repas pour tout le monde. Viennent des gens fauchés certes, mais aussi d’autres, qui apprécient la mixité, le brassage de cultures, de sociologie. On a beaucoup de travailleurs pauvres, vous savez, tous ces gens qui vivotent de petits boulots, de temps partiels. Et comme on n’est pas à cours d’idée, on vient d’acquérir un vélo-taxi, financé par Bordeaux-Mécène-Solidaire qui amène des personnes âgées du quartier, jusqu’ici. On a un hammam en sous-sol, avec des massages pour 5 euros. Donc, à priori, l’ostéopathie pouvait trouver sa place ici.”

Et comment. très vite, Séverine Tardy, l’assistante sociale du Réseau Paul-Bert, a accueilli des candidats à une séance d’ostéo. “Une dizaine chaque fois, admet-elle. Beaucoup de mamans un peu inquiètes, avec leur bébé, mais aussi des gens qui ont des douleurs et n’ont pas les moyens d’aller chez un ostéopathe, des femmes enceintes. La demande est très forte, constante.”

Victoire Garandeau, ostéopathe à Mérignac, participe régulièrement à ces soins offerts : “On est là pour prendre du temps, instaurer une confiance. on sait que ces gens ne viendront jamais dans nos cabinets. il s’agit juste de leur faire un peu de bien, soulager. Au début, on faisait ces séances dans le hammam, mais ce n’était pas adapté. Les gens pensaient qu’on allait les masser et leur donner du thé à la menthe. Désormais, l’aspect soin de notre démarche est mieux compris.”

Parfois une séance suffit

Certains reviennent plusieurs fois dans l’année. D’autres se contentent d’une séance et repartent soulagés. “Il arrive que l’on oriente des personnes vers un kiné, en fonction de leur état. Ils ne savent pas qu’ils y ont droit avec la CMU (couverture maladie universelle) par exemple. La vocation de l’APO est de s’étendre à toute la gironde. les besoins sont là, nous sommes suffisamment d’ostéopathes bien formés.”

Un congrès de l’ostéopathie humanitaire

L’association périnatalité ostéopathie de Bordeaux (Fedosoli) organise demain et samedi, à Bordeaux, les 5èmes journées de Fedosoli, sur le thème “Forme, où est la norme?” Fedosoli est une fédération regroupant des associations investies dans l’ostéopathie à visée sociale et humanitaire, dont l’APO (Association périnatalité ostéopathie). Ce congrès est ouvert à tous les professionnels de la petite enfance, mais plus largement aux personnes intéressées par le sujet (sachant qu’il vaut mieux s’inscrire à l’avance).

Il débute demain soir à 19h30, au Réseau Paul-Bert (2 Rue Paul-Bert à Bordeaux) par l’accueil de toutes les associations autour d’un repas multi-culturel, offert par les bénévoles du Réseau. Samedi, à l’Athénée, à 9 heures, des conférences en présence d’ostéopathes, mais aussi de psychanalystes, d’enseignants, de dentistes, podologues se succèderont. Par ailleurs, se tiendront des ateliers. le thème tournera autour de l’identité posturale, partant d’un principe fort : “C’est l’inertie qui est la maladie et le mouvement, la solution.” Renseignements : contacts@journeesdefedosoli.org

Source : Sud Ouest du 29 mars 2018 | Par Isabelle Castéra

Quand les kinés s’intéressent aux crânes des bébés

Une formation pour le traitement du « torticolis » du bébé est organisée à destination des kinés.

kine-crane-bebeLe torticolis n’en est pas un. La plupart du temps, il s’agit d’attitudes préférentielles de l’enfant. Explication : « En réalité, le prétendu torticolis implique un blocage. Or, le plus souvent, l’enfant n’est pas bloqué. Il présente juste un côté privilégié, il a une attitude en torticolis. L’origine de ce phénomène se situe du côté de la vie intra-utérine. La façon dont l’enfant s’est déployé dans le ventre de sa mère. L’attitude serait congénitale. » Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux, s’intéresse depuis plus de vingt ans au crâne des bébés.

30% des nourrissons concernés

Il vient de mettre au point une méthode de formation qui donne aux kinésithérapeutes accès à une prise en charge performante. Une compréhension de cette problématique qui touche 30 % des nourrissons et peut avoir des répercussions délétères le reste de leur vie. Il a commencé à assurer ses premières formations en 2011 à Mimizan, dans les Landes, lors de séminaires, puis à Bordeaux et, désormais, Lyon, Lille, Nantes, Montpellier. À Paris, il l’enseigne aussi à l’hôpital Bichat, dans le cadre d’un diplôme universitaire, sous la responsabilité du professeur gynécologue Mandelbrot.

« Cette méthode de prise en charge globale permet de comprendre la plagiocéphalie de l’enfant [un côté du crâne aplati, NDLR], de réunir les compétences autour d’un discours commun, de travailler en lien entre ostéo et kiné. Comme à Bordeaux, où je travaille beaucoup avec Cécile Cape, kiné à Bacalan, qui m’a aidé à mettre au point cette pratique, en l’adaptant aux kinés. »

Jean Ducourneau estime que la participation des parents est nécessaire à une prise en charge optimisée : « Ils feront faire des exercices posturaux aux enfants, ce qui permettra une récupération plus rapide et un traitement plus court. » La difficulté vient du fait que cette pathologie, a priori mineure, est assez peu connue du grand public, alors qu’elle est très fréquente.

La prise en charge proposée par FKTM (formation kiné périnatalité et thérapie manuelle) est unique en France. Elle offre la possibilité d’une projection autour de la posture avec de nouvelles perspectives de soins sur l’enfant et l’adulte. Objectif de ce traitement : redonner les mobilités sur tous les axes. « On remarque chez les bébés une asymétrie globale avec une position en virgule dans un sens. Les manipulations très progressives permettent au corps de déprogrammer cette mémoire posturale originelle », note l’ostéopathe.

Jusqu’à la marche

Une seule séance ne suffit pas à régler le problème postural. Le crâne grossit rapidement et des manipulations sont nécessaires jusqu’à l’étape de la marche, d’où l’intérêt d’un relais avec un kiné formé à la technique.

« Les kinés sont très demandeurs de ce type de formation, assure Jean Ducourneau, et les jeunes parents sollicitent désormais assez spontanément un ostéopathe pour aider le bébé à grandir dans de bonnes dispositions. Sans cela, on note des asymétries de la vue, de la position des dents, du bassin, des épaules ; des problèmes d’articulation des mâchoires. Le travail de l’ostéopathe sur un jeune enfant anticipe ces problèmes posturaux, et peut les enrayer. »

Source : Sud Ouest du 19 septembre 2016 | Par Isabelle Castéra

Le torticolis des bébés

Louis, 5 mois, entre les mains de Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux. Photo Fabien Cottereau (Source Sud Ouest)

Louis, 5 mois, entre les mains de Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux. Photo Fabien Cottereau (Source Sud Ouest)

Louis a 5 mois. Un nourrisson superbe, tonique, très calme entre les mains de l’ostéopathe qui le manipule doucement. C’est la troisième séance d’ostéopathie pour lui. Sa mère raconte : « Le pédiatre a remarqué qu’il avait le crâne déformé et une tendance à préférer un côté, explique-t-elle. Louis avait un peu plus de 2 mois, il nous a conseillé un ostéopathe. Les séances se font sans douleur, sans heurts, et le crâne a retrouvé une forme équilibrée, le torticolis a régressé.»
Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux, l’admet aussi. Le petit Louis va nettement mieux, ce qui aura sans aucun doute un effet positif sur son avenir postural. 30% des enfants naissent avec une plagiocéphalie, ou une déformation du crâne avec asymétrie. Rien de méchant en l’occurrence, bien qu’associé à une forme de torticolis «Sans l’intervention d’un ostéopathe, commence-t-il, la plagiocéphalie se corrigera avec le temps, mais il restera une empreinte, avec des conséquences sur la posture générale de l’enfant et du futur adulte. On note des asymétries de la vue, de la position des dents, du bassin, des épaules; des problèmes d’articulation des mâchoires. Le travail de l’ostéopathe sur un jeune enfant anticipe ces problèmes posturaux, et peut les enrayer.»
Origine Intra-utérine 
La grande majorité des consultations de nourrissons en cabinet d’ostéopathes concerne des problèmes associés au torticolis. « En réalité, précise le praticien, le torticolis implique un blocage. Or, le plus souvent, l’enfant n’est pas bloqué. Il présente juste un côté privilégié, il a une attitude en torticolis.» L’origine de ce phénomène se situe du côté de la vie intra-utérine. La façon dont l’enfant s’est déployé dans le ventre de sa mère, l’attitude serait congénitale. Parfois, elle peut être héréditaire, héritée d’un père ou d’une mère qui, déjà, présentait une asymétrie crânienne.
«On remarque une asymétrie globale, avec une position de l’enfant en virgule, dans un sens »
«Certaines plagiocéphalies apparaissent dès la naissance, d’autres quelques semaines après, remarque l’ostéopathe. Dans ce cas, les parents pensent que c’est parce que l’enfant est toujours tourné du même côté qu’il aplatit son crâne. Mais non. On remarque une asymétrie globale avec une position de l’enfant en virgule dans un sens. Les manipulations très progressives permettent au corps de déprogrammer une mémoire posturale originelle.»
Pour autant, une seule manipulation ne peut suffire à régler le problème, car le crâne double de volume entre la naissance et l’âge de 2 ans. C’est au cours de cette période que l’enfant doit être pris en charge, selon un rythme fixé par l’ostéopathe, lequel peut d’ailleurs se faire relayer par un kinésithérapeute formé à la périnatalité. « La plagiocéphalie est souvent anxiogène pour les jeunes parents, génère des questions et des doutes, signale Jean Ducourneau. Mais ce problème n’a aucune incidence sur le développement intellectuel de l’enfant. Aujourd’hui, on le prend en compte alors qu’on ne le faisait pas auparavant, car, médicalement, il n’y avait aucune conséquence directe»
Le message est clair: plus on observe tôt l’asymétrie crânienne, plus on place tôt l’enfant entre les mains d’un ostéopathe. Le petit Louis n’a pas poussé un cri pendant toute la séance de manipulation. Et il a ensuite avalé toute sa purée ! Louis, 5 mois, entre les mains de Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux.

Source : Sud Ouest du 27 janvier 2014 | Par Isabelle Castéra

Prise en charge du torticolis congénital

planche7ph003

Photo 1 : Attitude en torticolis gauche (nommé côté tête préférée), tête en rotation gauche
et inclinaison à droite, virgule à droite (nommée inclinaison colonne vertébrale), bassin incliné à droite (comme la tête).

J’ai choisi ce titre accrocheur car “torticolis” est utilisé systématiquement pour décrire des attitudes préférentielles, ou attitudes en torticolis. Or,

le torticolis est une pathologie peu fréquente. En effet, en cabinet, à 90 %, nous rencontrerons surtout des attitudes en torticolis, et non des torticolis. PAR JEAN DUCOURNEAU*

Dans le cas d’une attitude à torticolis, le bébé présente un côté privilégié mais il n’est pas bloqué et la rotation de la tête s’inscrit dans un schéma postural global sur l’axe cranio-sacré organisé avec les chaînes musculaires myofasciales. De plus, nous pouvons trouver du côté de la rotation une plagiocéphalie qui lui donne un plat sur un côté, ainsi qu’une asymétrie globale du crâne que l’on retrouvera dans le corps.

Les plagiocéphalies  sont nombreuses et ne résultent pas simplement de l’appui de la tête imposé par le torticolis (lorsqu’il existe) ou la préférence d’un côté. Lorsqu’il y a un torti- colis, il est intra-utérin ou accidentel à l’accou- chement. Mais le torticolis s’inscrira toujours dans un schéma postural asymétrique global sur l’axe crâne/sacrum que l’on retrouve dans l’attitude en torticolis. Nous traitons souvent à tort des torticolis qui n’en sont pas et de manière trop analytique en basant notre stratégie de soins uniquement sur le Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien).

Je me propose de définir ces différents éléments, ainsi que de vous offrir une prise en charge thérapeutique.

Photo 2 : Anatomie du Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien) issu du Netter. Insertion proximale mastoïde et insertion distale au niveau de la clavicule. C'est ainsi que la lésion du Scom peut entraîner une dysfonction de la sterno-claviculaire ou de l'épaule

Photo 2 : Anatomie du Scom (muscle sterno-cléido-mastoïdien) issu du Netter. Insertion proximale mastoïde et insertion distale au niveau de la clavicule. C’est ainsi que la lésion du Scom peut entraîner une dysfonction de la sterno-claviculaire ou de l’épaule

Définitions

Torticolis primaire ou intra-utérin
Celui-ci peut survenir par ischémie, par diminution de l’apport vasculaire du Scom aboutissant à une nécrose responsable de la fibrose localisée au niveau du Scom. On pourra alors trouver une dépression au niveau du Scom, avec un raccourcissement du muscle conditionnant la position de la tête en inclinaison et rotation opposée.
Cependant, l’explication la plus crédible – mais non prouvé à ce jour – est certainement une malposition de la tête en forte inclinaison et rotation qui entraîne une compression vascu- laire. Dans ce cas, on retrouvera un schéma postural asymétrique en commençant par le crâne, avec plagiocéphalie ou pas.

Torticolis secondaire

Ils sont accidentels et arrivent souvent à l’expulsion lorsque le bébé reste coincé. La traction par le creux axillaire ou le crâne lors du dégagement peut provoquer une lésion du Scom ou du scalène. On pourra trouver une olive musculaire, trace palpable et visible d’une contraction importante consécutive à une lésion musculaire du Scom.
À l’origine (photos 1 et 3), il y a souvent une position en virgule avec une préférence de la rotation de tête d’un côté, donc une chaîne musculaire englobant le Scom (photo 2) qui offrira une résistance à la traction. Cette asymétrie intra-utérine sera une origine possible au ralentissement du fœtus lors de l’expulsion. La présence d’une plagiocéphalie associée à une asymétrie crâne et corps pourra également être une source de ralentissement.

L’origine des torticolis est soit une lésion musculaire ou aponévrotique des sterno-cléido-mastoïdiens, voire des scalènes, avec la trace d’un hématome nettement visible et palpable. La tête n’a plus aucune possibilité de se tourner de l’autre côté.

Les torticolis sont douloureux et la lésion bloque le mouvement, ce qui n’est pas le cas dans l’attitude en torticolis. Ils s’accompagnent souvent de problèmes fonctionnels digestifs comme les régurgitations ou des problèmes de tétée.
Les torticolis sont heureusement rares. Il faudra bien sûr un travail complémentaire kinésithé- rapique et ostéopathique. Dans ce cadre, il y aura à la fois un travail analytique de la lésion musculaire ou/et aponévrotique, mais aussi un travail global en kiné-périnatalité sur les chaînes musculaires.

Photo 3 : Rotation tête corrigée à droite et inclinaison à gauche par mobilisation du bassin, virgule à gauche, bassin incliné à gauche.

Photo 3 : Rotation tête corrigée à droite et inclinaison à gauche par mobilisation du bassin, virgule à gauche, bassin incliné à gauche.

Attitude en torticolis

Le bébé présente une préférence évidente en rotation d’un côté. Les parents l’ont observé, souvent confirmé par un professionnel en maternité ou en ville, qui parlera de torticolis. Nous verrons comment faire la distinction par un diagnostic différentiel.
L’ensemble du corps sera organisé dans une vrille qu’il faudra déterminer. Le crâne sera souvent déformé du côté de l’appui. La variété de ces plagiocéphalies fait l’objet d’un chapitre supplémentaire.
La vraie problématique de l’attitude en torticolis, c’est la course contre le temps. Ainsi, si l’on n’intervient pas rapidement dès la naissance, il y aura aggravation de la plagiocéphalie et fixation de la virgule ou de la vrille.

Mais on peut intervenir encore plus tôt : amé- liorer les petits maux de la grossesse et permettre à la femme enceinte de vivre plus confortable- ment induira une position plus confortable du fœtus. Cela permettra d’éviter les contraintes sur le crâne à l’origine des attitudes en torticolis, ainsi que la virgule ou vrille du corps, et éven- tuellement d’un torticolis.

Je vous présente également des solutions dans la formation kiné-périnatalité pour les femmes enceintes.

Photo 4 : Plagiocéphalie à gauche (tête et corps dans l'axe sur la photo. L'attitude en torticolis sera à gauche).

Photo 4 : Plagiocéphalie à gauche (tête et corps dans l’axe sur la photo. L’attitude en torticolis sera à gauche).

Organisation thérapeutique

Nous devons intervenir au plus prêt de la naissance.
Évaluation différentielle ou diagnostic différentiel :
avant tout pouvoir déterminer s’il s’agit d’un torticolis ou d’une attitude en torticolis.

Observation : identifier visuellement la lésion si elle existe (photo 2) pour parler d’un torti- colis. Il existe une dépression nette en regard du Scom. Si nous avons la chance de pouvoir l’observer rapidement, la couleur liée à l’héma- tome renforce le diagnostic.  Si c’est plus ancien et déjà cicatrisé, on verra juste la dépression ou l’olive musculaire.

Photo 5 : Manoeuvre de rotation de la tête droite en commençant par une position décubitus latéral droit, correction d'une attitude en torticolis gauche.

Photo 5 : Manoeuvre de rotation de la tête droite en commençant par une position décubitus latéral droit, correction d’une attitude en torticolis gauche.

Mobilisation passive :
– Par la tête  : confirmer par une mobilisation passive très douce et méticuleuse en évitant les pleurs. Il faudra exercer une rotation opposée qui doit montrer une résistance évidente avec une tension de défense immédiate pour un torticolis. Si le visuel ne montre rien et la mobilisation passive de la tête est possible, on confirmera une attitude en torticolis par une mobilisation de la tête par le bassin, ainsi qu’une mobilisation active.

– Par le bassin : pour avoir une objectivité maximum, la mobilisation par le bassin permet de ne pas forcer sur la tête et éviter des conclu- sions hâtives. Tourner la tête du bébé sans lui prendre la tête. On choisit le côté où il va le moins souvent, opposé au côté préféré (photo 5), on ramène le bassin comme pour lui changer la couche, puis on le lui met à l’horizontale (photo 6). C’est un apprentissage pour bien maîtriser cette technique. Au besoin avec une sucette ou l’annulaire muni d’un doigtier, on maintient la tête sur le côté installé avant de ramener le bassin à l’horizontale.
Mobilisation active :
Bébé sur le dos ou dans les bras, il suffira de stimuler avec la sucette ou avec l’annulaire muni d’un doigtier du côté opposé. C’est im- possible pour un torticolis mais il peut le faire si c’est une attitude en torticolis.

Évaluation globale

De l’ensemble tête/corps
Nous avons vu que le torticolis était un événe-ment accidentel sur la base d’une attitude en torticolis. Dans cette attitude, on retrouvera une vrille dans le corps ou une attitude en virgule (photos 1 et 3).

Le bébé est organisé dans cette vrille et les chaînes myofaciales qui composent cette vrille interviennent comme des ressorts. Elles permettent les deux positions (photos 1 et 3). Mais l’une des deux est dominante comme raccourcie ou d’élasticité moins grande. Exem- ple d’une chaîne musculaire (Scom, hémicou- ple diaphragmatique et psoas iliaque du même côté). Le bébé peut tourner la tête d’un côté mais revient à la position qui fait qu’il est majoritairement mieux dans une position (photo 5 où nous voyons la tête d’un côté, la colonne ou virgule fermée du côté de l’inclinaison et le bassin qui suit les jambes du côté de l’inclinaison).

Si un torticolis se rajoute à cette problématique, on a tendance à traiter simplement le torticolis en oubliant le reste du corps et le crâne.La rotation privilégiée du crâne donnera une position de l’occiput sur la première cervicale qui influencera la position des autres vertèbres jusqu’au sacrum. La colonne vertébrale dessi- nera une virgule et le sacrum, guide du bassin, embarquera celui-ci en inclinaison et rotation (photo 1). Au milieu, la colonne dessine une virgule.

Photo 6 : Rotation de la tête par le bassin, correction d’une attitude en torticolis gauche par horizontalisation du bassin, la tête reste à droite.

Photo 6 : Rotation de la tête par le bassin, correction d’une attitude en torticolis gauche par horizontalisation du bassin, la tête reste à droite.

De la tête

Inspecter le crâne dans les trois plans de l’espace afin d’évaluer la présence d’une asymétrie et/ou une plagiocéphalie (photo 4, vue de dessus). Nous devrons inspecter le crâne du dessus, depuis l’arrière. Si nous constatons une plagio- céphalie avec asymétrie, nous devrons orienter le bébé vers un ostéopathe spécialisé en péri- natalité tout en continuant les séances.

– Du dessus : nous pourrons voir une tête en parallélogramme, par exemple. Nous verrons un plat à l’arrière et une “bosse” à l’avant, et vice versa.

Du dessus, on verra le plat sur un côté (photo 4) ou un plat sur tout l’arrière au niveau occipital et frontal. On remarquera les zones de frottement où les cheveux sont moins nombreux, qui sera le témoin objectif des points d’appui privilégiés. On regardera la position des oreilles : l’oreille du côté plat est plus avancée et le nez n’est pas sur la ligne centrale.

– De l’arrière : on observera les traces de frot- tement privilégié, le plat d’un côté ou de l’autre, parfois central. On regardera les oreilles. Du côté du plat, l’oreille est plus décollée en raison de la position du temporal (plagiocéphalie). On verra l’inclinaison de la tête, témoin de l’attitude en torticolis ou du torticolis.

– De face : on remarquera la forme et le niveau des yeux, l’orientation du nez, la symétrie du sourire, les oreilles, l’inclinaison de la tête. Tout cela en fonction d’une attitude en torticolis ou d’un torticolis, avec plagiocéphalie ou non.

Traitement

Torticolis

Après une évaluation complète, nous travaille- rons la lésion en fonction de son ancienneté, puis le schéma postural global à partir des chaînes myofasciales.

Lésion récente : on ne devra pas la masser mais on pourra drainer l’hématome et détendre les tissus. Pour cette dernière action, on devra raccourcir au maximum le Scom et placer sa main (ou deux doigts) dans le sens des fibres de manière à détendre les fascias – principe rapporté par serge Paoletti dans Les fascias. Une fois la lésion cicatrisée, on pourra travailler sur la globalité tête/corps équivalent au travail d’une attitude en torticolis (lire plus loin).

Le bilan nous aura montré la présence d’une plagiocéphalie, il faudra lui conseiller un ostéopathe.

Lésion ancienne : masser la zone fibrosée, détendre les fascias du Scom, on teste la détente en revenant dans le sens de l’étirement jusqu’à la barrière de résistance. L’étirement se fera dans les paramètres d’inclinaison et rotation opposé. Et on recommence. Sans attendre, nous pouvons traiter la vrille ou virgule tête/corps.

Attitude en torticolis

Faire un diagnostic différentiel afin d’éliminer un torticolis de manière indiscutable, puis déterminer la posture globale préférée. Il s’agit ensuite d’inspecter le crâne pour déterminer une asymétrie et ou plagiocéphalie.

Pour faciliter la vrille opposée le plus rapide- ment possible et éviter les fixations et l’aggra- vation de la plagiocéphalie, il faudra lever les verrous sur les chaînes musculaires tendues, mais réductibles.

Les verrous

– Au niveau du Scom  : travailler en raccourcissement comme vu précédemment selon le principe de libération des fascias. Lors de la  phase d’étirement, on pourra s’aider du bassin que l’on pourra maintenir du côté opposé de la correction (photo 1).

– Au niveau du diaphragme : du côté fermé de la virgule, l’hémicoupole est en position expi- ration. Il faudra ouvrir l’angle en s’aidant du bassin. Dans un premier, on aura fermé l’angle au maximum, de manière à détendre les tissus. Au besoin, on mettra un point d’appui au niveau des piliers du diaphragme (D12).

– Au niveau du psoas  : au niveau de son insertion proximale, le psoas adhère aux fascias de l’hémicoupole en restriction. Après avoir majoré la fermeture, on étirera cette chaîne via le bassin en soulevant ce dernier.

Si c’est difficile, on placera le bébé côté fermé de la virgule, en laissant la tête du même côté (au besoin avec la sucette), puis on mettra le bassin à l’horizontale (photos 5 et 6).

Photo 7 : Posture asymétrique chez l'adulte en charge, déplacement des points de gravité et rotation/inclinaison des blocs (tête, corps, bassin et membres inférieurs).

Photo 7 : Posture asymétrique chez l’adulte en charge, déplacement des points de gravité et rotation/inclinaison des blocs (tête, corps, bassin et membres inférieurs).

Travail global

On partira toujours de la virgule ou de l’attitude de confort pour un travail de détente dans la position qu’il préfère. Ensuite, on le mettra sur le côté opposé (photo 5). On fixera sa tête au besoin, s’il tente de se retourner, avec la sucette ou l’annulaire de la maman. Puis, en relevant le bassin, on emmène celui-ci à l’horizontale de manière à étirer l’ensemble des verrous et de la chaîne musculaire en restriction. On répétera l’opération plusieurs fois avec des temps de pause en fin d’étirement.

Organisation dans le temps

Cela dépendra de l’âge du bébé et du diagnos-tic.
Pour un torticolis, si la lésion est récente, il faudra l’accompagner jusqu’à la cicatrisation, puis travailler le muscle et l’aponévrose cicatri- cielle avec la globalité de l’attitude en torticolis. C’est une prise en charge longue qui peut s’étendre sur plusieurs semaines. Il faudra faire un point autour des phases d’évolution, c’est-à-dire vers cinq mois pour la position assise aidée, huit mois pour la position assise, puis au- tour de douze mois pour la position debout. Pour l’attitude en torticolis, ce sera moins long et plus espacé, à part au début, puis nous sur- veillerons les phases d’évolution pour retra- vailler si besoin les chaînes musculaires. Vous pourrez objectiver que la tête est bien libre. Bien sûr, on vérifiera la vrille ou la virgule.
La séance ne doit pas dépasser quinze minutes efficaces. Plus le bébé est jeune, plus le travail sera efficace et évitera les fixations et les plagiocéphalies.

Conseils

Il faut d’abord convaincre la maman en lui expliquant la problématique de l’attitude en torticolis, avec ou sans torticolis. Je vous conseille également d’obtenir au maximum l’adhésion du bébé en évitant de le faire pleurer. Pour cela, assurez-vous qu’il a bien mangé. Servez-vous de la sucette ou de votre annulaire (ou de celui de la maman) pour l’apaiser. Stimuler activement du côté opposé au côté de la tête préférentiel par la sucette, un bibelot ou la voix. Installer le bébé d’un côté et de l’autre. Bloquer sa tête n’est, à mon sens, pas conseillé. En effet, si c’est une contrainte le bébé ne l’acceptera pas.

Après bilan, lui conseiller un ostéopathe en cas de présence d’une plagiocéphalie.

Conclusion

Voilà donc une base de travail qui constitue une ouverture, une direction à une prise en charge pour laquelle nous sommes de plus en plus sollicités.

C’est cette attitude en torticolis qui donnera la posture de demain, améliorée par votre travail et celui de l’ostéopathe. Cette asymétrie crâne/ corps se retrouvera sur toutes les entrées posturales (position des dents, ouverture de la mâchoire, les yeux, la position de tête, le niveau des épaules et du bassin, la colonne vertébrale, la position des membres inférieurs et des pieds) (photo 7).

Ce travail sur le bébé atténuera considérablement les effets négatifs sur la posture et permettra de mieux comprendre et de mieux soigner l’adulte. Mais il s’agit là d’un autre débat.

BIBLIOGRAPHIE

Godelieve Struyf-Denys, Les chaînes musculaires et articulaires, éd. SBORTM.

Serge Paoletti, Les fascias, éd. Sully.

Nicette Sergueef, Approche ostéopathique des plagiocéphalies avec ou sans torticolis, éd. Spek.

Jean Ducourneau, Kiné-périnatalité : Présentation et indications (polycopié).

Source : Kiné Actualité –  numéro 1329, du 5 oseptembre 2013

Prépa physique avec l’ostéo

Désormais pleinement intégrée dans le milieu des sportifs de haut niveau, la préparation physique révèle de nombreux avantages pour un surfeur. Tant en terme physique que mental avec pour devise : un corps sain dans un esprit fort.

Jean Ducourneau, ostéopathe kiné d’origine, 25 ans de pratique (suivi ostéo Lacanau pro et Rip Curl pro années 90) et suivi rugby pro stade bordelais.

Quelles sont les spécificités générales de la pratique du surf pour le corps?

Les zones principalement exposées sont le dos lombaire, les cervicales, les épaules, les genoux, les pieds sur le plan articulaire et les lésions musculaires ischio-jambiers et tendineuses genoux, épaules et coudes. On distinguera les traumatismes (entorse, genoux, lumbago) des douleurs chroniques (tendinites, lombalgie). Le surf est aussi le sport idéal pour le rythme cardiaque, la rame est un bon travail de fond.

Tous les surfeurs sont-ils concernés par la préparation physique?

Bien sûr et c’est la préparation du haut niveau qui doit servir d’exemple. Le surfeur lambda connaît bien moins ses limites et proportionnellement, ses efforts sont conséquents pour un corps plus exposé car moins préparé, et il décompense sur le dos (lombalgie, cervicalgie), les épaules, les genoux et les chevilles.

Comment se préparer pour éviter les traumatismes, notamment avant un voyage où la pratique est intense?

On peut aller voir un ostéopathe si on a des douleurs diverses ou en préventif, pour rééquilibrer des tensions détectées mais non ressenti par le patient. On pourra harmoniser le corps afin d’éviter certaines zones trop sollicitées de décompenser en douleurs. Bien sûr, des conseils adaptés à la posture ou aux différentes zones à protéger sont utiles en associant d’autres disciplines comme le massage, le stretching et la nutrition.

Conseils

  • Faire un check-up chez l’ostéo au moins une fois par an
  • Faire du foncier avant les premières sessions
  • Ecouter son corps et ne pas insister sur les douleurs
  • Après une session, séance d’étirement récupération et si possible une séance de massage récupérateur (du luxe quand même)

Source : Surf session supplément du n°288

Comment atténuer le mal de dos pendant la grossesse

Optez pour l’ostéopathie, une discipline qui traite la femme enceinte dans la globalité. Jean Ducourneau, ostéopathe périnatal et kiné de formation, préconise de consulter dès le début de la grossesse, avant même que les douleurs n’apparaissent.

“Pour éviter le mal de dos, explique-t-il, il est nécessaire de dégager le diaphragme et de détendre le ventre, souvent contractile. Le but étant de libérer les tensions et pressions, notamment au niveau du périnée, car celles-ci sont sources de douleurs à terme.”

En effet, le dégagement du diaphragme et du plexus solaire aide aussi à relâcher le périnée, les tensions musculaires sur la structure (bassin et dos) sont ainsi moindres et les douleurs disparaissent.

Cette technique ostéopathique est une approche manuelle tissulaire douce, sans contraintes ni contre-indications.

“Je l’utilise depuis des années sur les femmes qui ont un risque d’accouchement prématuré, poursuit-il, et la pré-étude que j’ai réalisée montre qu’en diminuant les tensions musculaires et faciales, le fonctionnement et la mobilité des tissus sont bien meilleures et diminuent les douleurs de dos. Cela agit aussi sur les contractions qui participent à ces maux. Ça n’est pas le poids ou une posture du type cambrure qui sont la cause des douleurs, ce sont plutôt les tensions et le manque de liberté des tissus.”

Source : 200 Questions-Réponses sur la grossesse – Top Santé Hors-Série numéro 3, du 17 octobre 2011

Interview : Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux

Médecines douces…

L’ostéopathie qu’est ce que c’est ? L’ostéopathie s’est banalisée en France. Certes, mais une
fois ce constat fait, que sait-on de ce système thérapeutique ? Peut-il s’appliquer aux nourrissons ? Depuis
peu, certaines maternités s’ouvrent à ces médecines et, malgré quelques réticences de départ, les adultes y ont
de plus en plus recours. Qu’en est-il des enfants ? En quoi consiste l’ostéopathie ? Comment cette méthode peut-elle
soulager les tout-petits ? Quelles sont les bonnes indications pour faire appel aux mains d’un ostéopathe ?
Pour y répondre, Petipotin a interrogé Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux.

Interview : Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux

Comment devient-on ostéopathe ?
Jean Ducourneau : c’est un cursus de 6 ans achevé par un mémoire validé par nos pairs, qui conduit à un métier à temps plein. Une voie tolérée mais pas officielle, puisque nous ne sommes remboursés que par certaines mutuelles. La référence éthique est le registre des ostéopathes de France. Ce n’est ni une sous discipline, ni avec une formation légère ou un stage qu’on devient ostéopathe. L’ostéopathie est une discipline globaliste, c’est-à-dire qu’elle prend l’individu dans son entier, ne fragmente pas .

Dès la naissance du bébé ?
J.D. : Et même avant, pour prévenir les accouchements prématurés. A Bagatelle (Talence), c’est pris en charge par le service d’hospitalisation à domicile. En ce qui concerne les prématurés, ce sont des nourrissons, il y a le même type de prise en charge, à part qu’on s’inscrit dans une équipe médicale, qu’on fait plus attention au rythme du sommeil et au fait que le nourrisson soit intubé. On est plus intégré dans l’équipe.

Dans quel cas intervenez-vous ?
J.D. : Il n’y a pas d’indications précises, de symptômes. Je m’occupe des bébés prématurés, comme des nouveaux-nés à terme. Souvent, cela concerne des problèmes de sommeil, de transit, cela dépend de l’état du bébé, qui doit avant tout apprendre à être autonome (respirer et s’alimenter). Nous aidons à la maturation, à son développement, à le décontracter ainsi il peut insuffler plus d’énergie à autre chose.

On parle souvent des régurgitations, ou des otites ?
J.D. : Les régurgitations sont aussi un reflet de l’état de tension du nourrisson. A part évidemment dans les cas de maladie. Mais elle peut aussi être nécessaire pour évacuer un trop plein. Certaines otites procèdent de phénomènes de pression, et l’ostéopathie essaie de redonner de la mobilité à la trompe d’Eustache, dont le rôle est d’égaliser les pressions entre l’oreille moyenne normalement remplie d’air et le milieu extérieur.

Est-ce vraiment important d’intervenir dès le séjour à la maternité ?
J.D. : L’intérêt de la notion d’ostéopathie autour de la naissance est qu’on peut aussi faire le travail en amont, en lien avec l’haptonomie, la sophrologie. Pour éviter la prématurité. Un livre est édifiant à ce sujet : « Adrien ou la colère des bébés » de Jean-Pierre Relier, Professeur de pédiatrie à l’école de médecine, spécialiste de réanimation néonatale – 2002-

Comment agit l’ostéopathie ?
J.D. : La question est « comment je vois cette grossesse ? Comment trouver des moyens de la faciliter ? En essayant d’apaiser les tensions des membranes, des muscles…L’utérus est contractile : si on a à l’esprit l’image d’un ballon, on peut concevoir qu’à un endroit, il soit comprimé. On va rechercher toutes les tensions, tous les blocages. Car un simple blocage peut avoir une répercussion sur la fonction d’un organe, et on va donc essayer de libérer ces tensions.

Comment vient-on à vous ?
J.D. : Le bouche à oreille. Des sages femmes, des PMI, des infirmières pédiatriques. C’est d’ailleurs toute la valeur de la parole qu’on défend, il est important que les gens se réapproprient le discours. Ce sont aussi les mamans qui se passent le mot.

Jean Ducourneau nous conseille pour trouver un ostéopathe de consulter le registre des ostéopathes de France, 8 rue Thalès, Mérignac.
Le Registre des Ostéopathes de France (ROF) a été créé en 1981, il s’agit d’une association à but non lucratif. Le registre des Ostéopathes de France regroupe les personnes qui, exerçant en France et/ou à l’étranger la profession d’ostéopathe définie par les textes légaux et réglementaires, s’engagent à respecter les règles déontologiques de garantie de formation et d’exercice professionnel arrêtées par le Registre des Ostéopathe de France. Il veille au maintien, des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de l’ostéopathie et à l’observation, par tous ses membres, des devoirs professionnels ainsi que des règles édictées par son Code de déontologie prévu à l’article 4 de ses statuts.

Le Registre des Ostéopathes de France se compose de trois catégories de membres :
Les ostéopathes diplômés, les personnes physiques qui rendent ou ont rendu des services signalés au Registre des Ostéopathes de France et qui lui apportent leur soutien, et les ostéopathes, anciens membres actifs, qui ont fait valoir leurs droits à la retraite et qui, par conséquence, n’exercent plus.
Afin de garantir une qualité de traitement et une sécurité optimale aux patients qui consultent ses membres, sa mission d’inspiration ordinale s’articule principalement autour de quatre axes : administratif, déontologique, disciplinaire et promotionnel.

Source : Peti’potin numéro 10, déc 06-fév 07

À Bordeaux, l’ostéopathie est recommandée aux femmes enceintes

Reconnu comme un acte thérapeutique non conventionnel, l’ostéopathie permet pourtant de soulager bien des maux. Un soulagement qui peut être également prodigué aux femmes enceintes comme c’est le cas à Bordeaux.

De l’osthéo pour les publics “fragiles”

Reconnue comme un acte médical à part entière depuis peu, l’ostéopathie peut pourtant rendre bien des services. À Bordeaux , elle est pratiquée aussi bien sur les enfants sensibles que sur les femmes enceintes. Spécialiste et pionnier en la matière, Jean Ducourneau, ostéopathe libéral, dispense même ses services au sein d’hôpitaux.

Une mission jugée trop délicate par beaucoup de ces confrères tant le public visé est fragile, pour notre spécialiste il s’agit avant tout de soulager les patientes.

“Les femmes enceintes, même lorsque la grossesse se passe bien, souffrent de tas de petits maux qui encombrent leur quotidien. L’ostéopathie tend à diminuer les pressions sur les tissus. Les douleurs sciatiques, les problèmes viscéraux ne sont pas une fatalité. On peut aider à mieux vivre ces neuf mois”.

C’est dans ce but de soulagement et afin de sensibiliser le public et les professionnels du secteur à l’intérêt de ce type d’exercices que l’ostéopathe a créé son association “périnatalité et ostéopathie”.

Des services gratuits en PMI

Non prises en charges par l’assurance maladie, les séances d’ostéopathie s’avèrent pourtant nécessaires dans certains cas. Au sein des services de PMI de gironde, le spécialiste intervient gratuitement une fois par mois sur les femmes enceintes en difficultés. “À la PMI, les patientes sont recrutées par les médecins et les sages-femmes, il s’agit de personnes en difficultés, dont la grossesse pose des problèmes de douleurs. Je m’occupe aussi de leur bébé”.

Marquant toute l’importance, de l’ostéopathie, de plus en plus de médecins, kinésithérapeutes, mais également sages-femmes ont recours à des formations en ostéopathie et périnatalité.

Source : alloPmi du 19 mai 2011

L’ostéopathie, aussi pour soulager les femmes enceintes

Jean Ducourneau, ostéopathe des femmes enceintes. Photo S. L. (Source Sud Ouest)

Jean Ducourneau, ostéopathe à Bordeaux en libéral, a été l’un des premiers à travailler ici, en secteur hospitalier, notamment auprès des nouveau-nés et des prématurés. D’abord au service néonatalité du CHU, à l’hôpital Pellegrin, puis récemment à l’hôpital Haut-Lévêque auprès des bébés opérés du cœur. Il a donc l’habitude de toucher, soigner et soulager des corps fragiles. Dans le même esprit, il fut aussi un pionnier en matière d’ostéopathie auprès des femmes enceintes.

« Jusque-là, personne n’osait trop les toucher, craignant sans doute de bouger un équilibre fragile, explique-t-il. Or, les femmes enceintes, même lorsque la grossesse se passe bien, souffrent de tas de petits maux qui encombrent leur quotidien. L’ostéopathie tend à diminuer les pressions sur les tissus. Les douleurs sciatiques, les problèmes viscéraux ne sont pas une fatalité. On peut aider à mieux vivre ces neuf mois. L’ostéopathie s’attaque aux bouleversements du corps liés aux changements posturaux et émotionnels. »

Une association aussi

Les femmes enceintes se passent le mot, aussi Jean Ducourneau s’est fait une spécialité dans son cabinet. Pourtant, il vient de créer une association avec d’autres ostéopathes, « Périnatalité et ostéopathie », avec une mission sociale, humanitaire, de recherche et d’enseignement. Une fois par mois (le dernier vendredi du mois), il se rend à la Protection maternelle infantile (PMI), cours Alsace-Lorraine à Bordeaux, afin d’intervenir auprès de femmes enceintes, à titre gracieux.

« Une consultation chez un ostéopathe coûte entre 50 et 70 euros. Ce n’est pas remboursé par la Sécu, certaines mutuelles, selon les contrats, prennent en charge une séance par an. Il faut être bien intégré socialement pour s’offrir un soin ostéopathique. Ma mission est de soulager. À la PMI, les patientes sont recrutées par les médecins et les sages-femmes, il s’agit de personnes en difficultés, dont la grossesse pose des problèmes de douleurs. Je m’occupe aussi de leur bébé. »

Jean Ducourneau assure des formations pour les kinés, ou les médecins, en kinésithérapie et périnatalité. Des sessions se déroulent deux fois par an, à Mimizan (sa ville d’origine), dans les Landes. Enseignant à l’école de sages-femmes, d’infirmières puéricultrices, toujours autour de la question de la périnatalité, il souhaite transmettre son savoir-faire et ses compétences, afin d’élargir la pratique au plus de femmes possibles. « Si les sages-femmes sont compétentes, elles pourront soulager lors de grossesses à risque, ou au moment de l’accouchement, pourquoi pas. Idem pour les bébés », affirme-t-il.

Renseignement par courriel à : ducourneau.j@wanadoo.fr

Source : Sud Ouest du 19 mai 2011 | Par Isabelle Castéra